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Un steak emballé sous vide avec une branche de romarin, immergé dans un bac d'eau transparent avec un thermoplongeur fixé sur le bord, à côté de petits bols de sel et de poivre sur une planche en bois
BastienBastien

Cuisson sous vide pour les débutants : la précision sans la complexité

Les tableaux de temps et de températures pour la cuisson sous vide, protéine par protéine, puis le matériel, la première cuisson pas à pas, les techniques de finition, le foie gras et le confit, la préparation de repas en batch et ce que la sécurité alimentaire exige vraiment à ces températures.

La cuisson sous vide repose sur un principe simple : sceller un aliment dans un sac, le plonger dans un bain d'eau maintenu à une température précise, et laisser le temps travailler. Un steak cuit à 54 °C sort rosé de manière uniforme, du bord au centre. Pas de gradient gris, pas besoin de couper pour vérifier.

Attention au vocabulaire, parce qu'en français « sous vide » désigne aussi bien la mise sous vide pour la conservation que la cuisson elle-même. Ce guide parle de la seconde : la cuisson basse température en bain d'eau, que l'Anses définit comme le fait de maintenir un aliment entre 60 et 80 °C pendant une durée allant de quelques minutes à plusieurs heures. Une bonne partie des recettes sous vide qui circulent descendent plus bas que 60 °C, et c'est précisément là que la question de la sécurité devient intéressante.

La technique vient des cuisines professionnelles des années 1970. Le matériel grand public est devenu abordable vers 2015. Si vous savez régler une température et un minuteur, vous savez cuisiner sous vide.

Tableau de temps et de températures

Ces valeurs sont des points de départ, pas des règles. Les préférences varient, et l'épaisseur pèse bien plus lourd sur le temps que la plupart des débutants ne l'imaginent. Sauf mention contraire, comptez une pièce d'environ 25 mm.

Steak (2,5 à 4 cm d'épaisseur)
49-49°CBleu
54-54°CSaignant
57-57°CÀ point
63-63°CBien cuit (rosé)
68-68°CBien cuit
49-49°C — BleuCentre rouge vif, tiède, très tendre
54-54°C — SaignantRose uniforme, texture fondante, 1 à 3 h
57-57°C — À pointCentre rosé, plus ferme
63-63°C — Bien cuit (rosé)Légèrement rosé, ferme
68-68°C — Bien cuitPas de rose, texture sèche
Blanc de poulet désossé, environ 25 mm d'épaisseur
60-60°CJuteux, légèrement translucide
63-63°CBlanc classique, très juteux
65-65°CFerme, texture familière
60-60°C — Juteux, légèrement translucideTexture soyeuse, pasteurisé après environ 1 h 30
63-63°C — Blanc classique, très juteuxPasteurisé après environ 1 h 15
65-65°C — Ferme, texture familièrePasteurisé après environ 55 min
Côte de porc (2,5 cm)
58-58°CLégèrement rosé, juteux
63-63°CClassique, sans rose
58-58°C — Légèrement rosé, juteuxTendre et moelleux, 1 à 2 h
63-63°C — Classique, sans roseFerme, 1 à 2 h
Filet de saumon
41-41°CSoyeux, presque sashimi
49-49°CFeuilleté, moelleux
55-55°CClassique, ferme
41-41°C — Soyeux, presque sashimiRien n'est pasteurisé ici, poisson de qualité sashimi, 30-45 min
49-49°C — Feuilleté, moelleuxLe réglage le plus courant, 30-45 min
55-55°C — Classique, fermeTexture familière, 30-45 min
Oeufs (dans la coquille, pas de sac)
63-63°CJaune coulant, blanc à peine pris
65-65°CJaune crémeux, blanc ferme
68-68°CTexture œuf mollet
63-63°C — Jaune coulant, blanc à peine pris45 minutes
65-65°C — Jaune crémeux, blanc ferme45 min, parfait pour un ramen
68-68°C — Texture œuf mollet45 minutes

Les durées de pasteurisation du poulet viennent des tables de Douglas Baldwin (son guide, en anglais, fait référence sur le sujet). Elles supposent un blanc sorti du réfrigérateur à 5 °C et donnent le temps nécessaire à une réduction d'au moins un million pour un des Listeria et de dix millions pour un des Salmonella. L'épaisseur change tout : un blanc de 40 mm demande environ 2 h 30 à 60 °C là où un blanc de 25 mm demande 1 h 30. Si tenir un tableau ne vous tente pas, cuisez la volaille jusqu'à 74 °C à cœur et vérifiez au thermomètre avant de servir.

Les pièces entières de bœuf et de porc ne se comportent pas comme la volaille. Leurs bactéries vivent en surface plutôt que dans la masse, ce qui explique qu'un steak reste sûr en dessous des températures habituellement recommandées une fois qu'il a passé assez de temps à cœur. La viande hachée mélange ces bactéries de surface dans toute la masse et perd donc cette tolérance.

Ce dont vous avez besoin

Le matériel de base reste minimal. Trois éléments sont indispensables, quelques autres facilitent la vie.

Liste du matériel
ThermoplongeurIndispensable
Sacs (zip ou sous vide)Indispensable
Récipient ou marmiteIndispensable
Machine sous videOptionnel
Chalumeau ou poêle en fonteRecommandé

Thermoplongeur

C'est l'appareil qui chauffe l'eau et la fait circuler pour que tout le bain reste à la même température. Il se fixe sur le bord de n'importe quelle marmite. Les fabricants annoncent en général une stabilité de l'ordre de 0,1 °C, sans commune mesure avec un four qui oscille de 15 °C autour de sa consigne.

Sacs

Les sacs congélation à fermeture zip suffisent pour la majorité des cuissons. Utilisez la méthode du déplacement d'eau : fermez le sac presque entièrement, plongez-le lentement, et la pression de l'eau chasse l'air par l'ouverture restante. Fermez le dernier centimètre juste avant que l'eau n'y arrive.

Les sacs scellés sous vide tiennent mieux, coulent plus facilement et deviennent le bon choix au-delà de 4 à 6 heures de cuisson comme pour tout ce qui part au congélateur. Une machine sous vide vaut l'investissement si vous comptez préparer vos repas à l'avance régulièrement, mais elle n'est pas nécessaire pour débuter.

Troisième option : les sacs réutilisables en silicone. Ils se clipsent au lieu de se sceller, donc il faut la méthode du déplacement d'eau et souvent une pince pour les maintenir immergés, mais ils tiennent des centaines de cuissons. Les bocaux en verre conviennent aux crèmes, aux porridges et aux infusions, où l'aliment est déjà liquide. Vissez les couvercles du bout des doigts et pas à fond, pour que l'air en expansion puisse s'échapper.

Ce qu'il ne faut pas mettre dans le sac

L'ail cru, en premier lieu. Les composés qui le rendent piquant ne s'adoucissent pas à 55 °C comme ils le font dans une poêle chaude, et après quelques heures un goût âcre, presque chimique, envahit tout le sac. La poudre d'ail ou l'ail confit donne le goût sans le défaut.

Écartez aussi le film étirable et tout sac qui n'est pas prévu pour le liquide chaud, puisque ni l'un ni l'autre n'est conçu pour rester des heures à température de cuisson. Les herbes fraîches à feuilles tendres grisent et prennent un goût d'herbe coupée bien avant la fin d'une cuisson longue : une branche de thym ou de romarin tient, une poignée de basilic non. Enfin, méfiez-vous des marinades très liquides, qui diluent le contact avec la viande et font flotter le sac.

Récipient

N'importe quelle marmite assez grande fait l'affaire. Un faitout ou un bac en plastique de type cambro conviennent. Pour les cuissons longues, un couvercle ou du film alimentaire sur le dessus réduit l'évaporation.

Utiles mais pas indispensables

Un chalumeau de cuisine ou une poêle en fonte pour la saisie. Le gril du four dépanne très bien. Une balance de cuisine aide à saler de façon régulière sur toute une série.

Le processus de base

La cuisson sous vide suit toujours les mêmes cinq étapes. Une fois cette séquence acquise, vous pouvez cuire presque n'importe quoi.

1
Assaisonnez votre protéine avec sel, poivre, herbes et un filet d'huile d'olive. Évitez l'ail cru pour les cuissons longues, préférez la poudre d'ail.
2
Placez l'aliment dans un sac en une seule couche. Retirez le maximum d'air avec la méthode du déplacement d'eau ou une machine sous vide.
3
Fixez le thermoplongeur au récipient, remplissez d'eau et réglez la température cible. Attendez qu'elle soit atteinte avant d'ajouter l'aliment, soit 10 à 15 minutes.
4
Plongez le sac dans le bain d'eau. Maintenez-le immergé avec une pince ou une petite assiette. Lancez le minuteur, en gardant en tête que la fenêtre est large.
5
Séchez complètement l'aliment avec du papier absorbant, puis saisissez à feu vif pendant 30 à 60 secondes par face pour développer une croûte grâce à la réaction de Maillard.

L'étape 4 est celle qui fait la réputation de la technique. Un steak qui atteint 54 °C au bout de 45 minutes est toujours à 54 °C deux heures plus tard : c'est le dîner qui vous attend, et pas l'inverse.

Votre première cuisson : le steak sous vide

Commencez par là. Le steak est la cuisson la plus tolérante, et celle où l'écart avec une simple poêle saute aux yeux.

Prenez un steak d'au moins 2,5 cm d'épaisseur. Les steaks plus fins fonctionnent, mais la saisie entame l'intérieur avant qu'une croûte se forme. Entrecôte, faux-filet ou bavette conviennent tous.

Étape 1 : assaisonner

Salez généreusement des deux côtés. Ajoutez du poivre si vous aimez. Pas d'ail pour l'instant. Mettez le steak dans un sac et scellez avec la méthode du déplacement d'eau.

Étape 2 : préparer le bain

Remplissez votre récipient d'eau, fixez le thermoplongeur et réglez-le à 54 °C pour une cuisson saignante. Attendez que la température soit atteinte avant d'y plonger le steak.

Étape 3 : cuire

Plongez le sac et réglez un minuteur sur 1 h 30. Allez faire autre chose. Le steak ne sera pas trop cuit dans cette fenêtre.

Étape 4 : sécher

Sortez le steak du sac. Il y aura du jus, à garder pour une sauce rapide. Séchez le steak sur toutes ses faces avec du papier absorbant. Cette étape compte plus qu'on ne le croit, parce qu'une surface humide produit de la vapeur au lieu de saisir et vous laisse un extérieur gris.

Étape 5 : saisir

Chauffez une poêle en fonte jusqu'à ce qu'elle fume. Ajoutez une huile à point de fumée élevé comme l'huile d'avocat. Posez le steak et ne le touchez plus pendant 45 secondes. Retournez et répétez. Si votre steak a une bande de gras épaisse, maintenez-le sur la tranche pour la faire fondre.

Étape 6 : reposer et servir

Un steak sous vide n'a pas besoin d'un long repos, puisqu'il n'y a pas de cuisson résiduelle à laisser passer. L'intérieur est déjà à température de service. Une minute sur la planche suffit. Tranchez et vous verrez un rose uniforme du bord au centre.

Techniques de finition

La saisie donne au sous vide son apparence et sa texture. Plusieurs options s'offrent à vous.

La méthode la plus accessible. Faites chauffer la poêle à fond, comptez 3 à 4 minutes sur feu vif. Utilisez une fine couche d'huile à point de fumée élevé. La saisie prend 30 à 60 secondes par face. Au-delà, la chaleur pénètre l'intérieur et annule la précision que vous venez de passer deux heures à obtenir. Allumez la hotte, ça va fumer.

Un chalumeau cible des zones précises et convient aux morceaux de forme irrégulière comme aux protéines délicates telles que le poisson. Comptez 2 à 3 minutes au total, plus long qu'une poêle mais avec plus de contrôle sur l'endroit où la chaleur arrive. Combiné à une brève saisie à la poêle, il donne une croûte plus vite que l'un ou l'autre séparément.

Réglez le gril du four au maximum et placez la grille le plus près possible de la résistance. Posez l'aliment sur une grille au-dessus d'une plaque. Surveillez sans quitter des yeux : les grils sont irréguliers et la frontière entre saisi et brûlé est mince. Pratique quand vous ne voulez pas enfumer la cuisine.

Moins courante, très efficace pour les ailes et les cuisses de poulet. Après la cuisson, séchez, enrobez éventuellement de farine assaisonnée ou de fécule de maïs, et faites frire à 200 °C pendant 2 à 3 minutes. La peau croustille sans que l'intérieur se dessèche, ce qui est difficile à obtenir autrement.

Foie gras et confit : les deux usages les plus cherchés en France

Les recherches françaises sur la cuisson sous vide tournent massivement autour de deux préparations que les guides anglophones ignorent : le foie gras et le confit de canard. Elles méritent un traitement à part, parce qu'elles ne posent pas les mêmes questions qu'un steak.

Le confit est le cas simple. Les cuisses de canard passent au sel, puis au sac avec un peu de graisse, et cuisent longtemps à haute température pour un procédé basse température : les tables de Baldwin donnent 80 °C pendant 8 à 12 heures. On est cette fois tout en haut de la plage 60-80 °C retenue par l'Anses, et c'est le collagène qui dicte la durée, pas la sécurité. Le sac gonfle et remonte à mesure qu'une partie du liquide se vaporise, alors prévoyez une grille ou un poids pour le garder immergé.

Le foie gras mi-cuit est plus délicat, et il faut le dire franchement. « Mi-cuit » signifie littéralement une cuisson partielle : le produit n'est pas stérilisé, sa durée de conservation est courte et il reste un produit réfrigéré. Les barèmes qui circulent varient beaucoup d'une recette à l'autre, et l'Anses rappelle qu'un barème de cuisson basse température doit être validé pour un produit donné, parce que la température appliquée n'a pas forcément d'effet assainissant sur toutes les bactéries présentes. Ce guide ne peut pas vous donner un barème validé pour le foie gras. Ce qu'il peut vous donner, c'est le cadre : partez d'une matière première irréprochable, refroidissez vite après cuisson, conservez à 4 °C ou moins, et consommez dans les jours qui suivent plutôt que dans les semaines.

Au-delà de la viande : légumes et plus

La cuisson sous vide ne se limite pas aux protéines. Les légumes en sortent avec une saveur concentrée, parce que rien ne part dans une casserole d'eau bouillante. Des carottes à 85 °C pendant une heure ont un goût nettement plus sucré que des carottes à l'eau, tout simplement parce que les sucres restent dans la carotte.

Les œufs cuits dans leur coquille à 65 °C pendant 45 minutes donnent le jaune crémeux autour duquel les boutiques de ramen construisent un bol entier. La crème brûlée en bocaux fonctionne bien aussi : le bain d'eau fait le même travail qu'un bain-marie, sans surveillance.

Les légumes-racines, les betteraves et le maïs se prêtent tous à la technique. L'approche générale : des températures plus élevées que pour la viande (80 à 85 °C), des temps plus longs (1 à 2 heures), et une noisette de beurre ou un filet d'huile dans le sac.

Préparation de repas avec le sous vide

Le sous vide et la cuisine en batch s'entendent bien. Des fenêtres de temps larges et des résultats identiques sur toute une série, c'est exactement ce qu'on cherche quand on cuit huit portions d'un coup.

Cuire et réfrigérer

Cuisez un lot de blancs de poulet ou de côtes de porc, refroidissez les sacs scellés dans un bain de glace jusqu'à ce qu'ils soient froids à cœur, puis réfrigérez. Réchauffez en replongeant le sac dans un bain à la température d'origine pendant 20 à 30 minutes, ou tranchez froid pour des salades et des wraps. Les limites de conservation figurent dans la section sécurité plus bas, et elles sont plus strictes qu'on ne le suppose.

Congeler, puis cuire

Assaisonnez et scellez sous vide des protéines crues, puis congelez-les à plat. Le moment venu, plongez le sac congelé directement dans le bain d'eau et ajoutez 30 à 60 minutes pour la décongélation. Du congélateur au dîner avec presque aucun effort actif.

Protéines en grande quantité

Cuisez 6 à 8 blancs de poulet d'un coup et chacun ressort exactement au même point. Utilisez-les dans la semaine pour des tacos, des bols de grains, des sandwichs, des sautés. Aucun morceau sec, aucun morceau insuffisamment cuit.

Erreurs courantes

Les erreurs qui piègent la plupart des débutants, toutes faciles à éviter une fois qu'on en connaît la forme.

Dépannage sous vide

La partie exposée reste au-dessus de l'eau et n'atteint jamais la température cible. Utilisez des pinces pour fixer les sacs au bord du récipient, ou posez une petite assiette en céramique dessus.

La surface était trop humide. Séchez tout au papier absorbant avant de saisir. Pour une surface encore plus sèche, laissez la protéine reposer à découvert sur une grille au réfrigérateur 15 à 20 minutes avant la poêle.

Le sous vide pardonne sur la durée, mais pas indéfiniment. Un steak à 54 °C est bon de 1 à 3 heures. À 6 ou 8 heures, le tissu conjonctif s'est assez décomposé pour que la viande s'effiloche au lieu de céder sous la dent. Le poisson est encore plus sensible : gardez le saumon basse température à 45 minutes ou moins.

L'ail frais ne s'adoucit pas aux températures du sous vide comme il le fait dans une poêle chaude. Les composés agressifs ne se décomposent pas complètement à ces températures. Utilisez de la poudre d'ail, de l'ail en granules ou de l'ail confit.

La saisie a duré trop longtemps. Restez à 30-60 secondes par face plutôt que 2 ou 3 minutes. Une saisie prolongée pousse la chaleur en profondeur et recrée la cuisson inégale que vous cherchiez à éviter.

Les limites du sous vide

La cuisson sous vide n'est pas l'outil qu'il faut pour tout, et le dire clairement évite les déceptions.

C'est lent. Un steak prend 1 à 2 heures au lieu de 10 minutes au gril. En semaine, il faut anticiper ou passer par la méthode congeler-puis-cuire.

Pas de brunissement. Il faut toujours une étape de finition séparée, donc une casserole de plus à laver, et certains plats sont meilleurs à chaleur directe dès le départ. Un poulet rôti à la peau croustillante et un burger bien grillé entrent tous les deux dans cette catégorie.

Les morceaux riches en collagène sont le cas limite intéressant. Le sous vide finit par convertir le collagène d'un paleron ou d'un plat de côtes si on lui laisse assez d'heures, mais il ne construit pas les sucs caramélisés ni la sauce réduite qui font l'intérêt du braisage. La texture y est, la profondeur de goût non.

Le matériel prend de la place : un thermoplongeur, un récipient, des sacs, des pinces. Ce n'est pas énorme, mais ça s'accumule dans une petite cuisine.

Pour les légumes, les résultats sont bons sans être toujours supérieurs. Des carottes rôties au four donnent une caramélisation qu'un bain d'eau ne peut pas atteindre.

Sécurité alimentaire

La cuisson sous vide travaille à des températures plus basses que la plupart des méthodes traditionnelles, ce qui pose des questions légitimes de sécurité alimentaire. Voici ce qui compte réellement.

Règles de sécurité sous vide
Do
✓Cuisez la volaille à 74 °C à cœur, ou suivez une table de pasteurisation en respectant la durée liée à l'épaisseur
✓Refroidissez les aliments cuits dans un bain composé pour moitié au moins de glace, jusqu'à ce qu'ils soient froids à cœur
✓Pour toute cuisson en dessous de 52 °C, partez de poisson que vous mangeriez cru
✓Gardez le temps total passé sous 52 °C à moins de 2 heures, préparation incluse
✓Utilisez des sacs alimentaires prévus pour la température de cuisson
Don't
✗Ne laissez pas d'aliments entre 4 et 63 °C plus de 2 heures cumulées
✗Ne sautez pas le bain de glace quand vous conservez des aliments pour plus tard
✗Ne réutilisez pas les sacs qui ont contenu de la viande crue
✗Ne cuisez pas depuis le congélateur sans ajouter 30 à 60 minutes

Pasteuriser n'est pas stériliser

La pasteurisation ramène les pathogènes visés à un niveau considéré comme sûr. La stérilisation détruit tout, y compris les formes sporulées, et c'est le travail de l'autoclave à 121 °C. Le sous vide fait la première et jamais la seconde.

La pasteurisation dépend de trois choses : la température, le temps et l'épaisseur. Les tables de Baldwin partent d'un aliment à 5 °C et donnent le temps nécessaire pour atteindre au moins six réductions décimales sur Listeria et sept sur Salmonella. Un blanc de poulet de 25 mm y arrive après environ 1 h 30 à 60 °C, 1 h 15 à 63 °C ou 55 minutes à 65 °C. Passez à 40 mm et ces durées deviennent environ 2 h 30, 2 h et 1 h 45.

L'Anses aborde la question par l'autre bout, celui du professionnel qui doit prouver que son barème fonctionne. Elle retient qu'une cuisson est assainissante à partir de 6 log10 de réduction bactérienne, et donne deux exemples parlants : une volaille dont le cœur atteint 63 °C maintenu une minute obtient 6,2 log10 sur Salmonella dans l'approche la plus sévère, donc un barème validable ; un saumon à 61 °C une minute plafonne à 3,8 log10 sur Listeria et ne passe pas le critère en l'état.

Exemples de barèmes cités par l'Anses
63-63°CVolaille, cœur maintenu 1 min
61-61°CSaumon, cœur maintenu 1 min
63-63°C — Volaille, cœur maintenu 1 min6,2 log10 de réduction sur Salmonella en approche déterministe : validable
61-61°C — Saumon, cœur maintenu 1 min3,8 log10 sur Listeria en déterministe, en dessous du critère de 6 log10

Deux conséquences pratiques. Un couple temps-température ne veut rien dire sans une épaisseur, donc mesurez la partie la plus épaisse au lieu de l'estimer à l'œil. Et si tenir un tableau un mardi soir ne vous dit rien, 74 °C à cœur pour la volaille, vérifiés au thermomètre, se passent de toute table.

La zone de danger, et où le sous vide se situe

La réglementation française fixe deux refuges. En froid positif, la plupart des denrées très périssables se conservent à 4 °C au maximum, et les préparations culinaires élaborées à l'avance descendent à 3 °C. En liaison chaude, un plat cuisiné se tient à 63 °C minimum. Entre les deux, les bactéries se multiplient, et la règle domestique des 2 heures cumulées s'applique.

Le sous vide vient bousculer ce schéma, puisqu'il installe volontairement l'aliment dans cet intervalle pendant des heures. L'argument technique, développé notamment par Baldwin, est que les pathogènes alimentaires cessent de se multiplier autour de 52 °C. Au-dessus, le temps travaille pour vous et l'aliment se pasteurise lentement. En dessous, il travaille contre vous et le compte à rebours de 2 heures reprend ses droits. L'Anses ajoute une nuance utile dans la même zone : Campylobacter sur la volaille, Yersinia enterocolitica sur le porc et Vibrio sur les poissons sont détruits aux alentours de 54 °C, ce qui n'est pas vrai de tous les germes présents.

Le saumon à 41 °C illustre bien la limite. Rien n'y est pasteurisé, alors traitez-le comme du poisson cru simplement tiède. Prenez du poisson que vous mangeriez en sashimi, restez sous 45 minutes, et passez votre tour si vous êtes enceinte, immunodéprimé, âgé ou si vous cuisinez pour de jeunes enfants. Notre entrée sur la zone de danger détaille le versant classique de la question.

Refroidir vite si vous ne mangez pas tout de suite

L'Anses est explicite sur ce point : les formes sporulées de Bacillus cereus, Clostridium botulinum et Clostridium perfringens ne sont jamais détruites par une cuisson basse température. Elles restent dormantes tant que l'aliment est chaud, et c'est un refroidissement lent qui leur donne l'occasion de germer. Un refroidissement rapide immédiatement après la cuisson évite cette germination.

Donc refroidissez de façon délibérée. Transférez le sac scellé dans un bain d'eau glacée composé pour moitié au moins de glace et laissez-le jusqu'à ce que l'aliment soit froid à cœur, soit environ 50 minutes pour une pièce plate de 25 mm et plutôt 1 h 45 à 40 mm. Réfrigérez ensuite à 4 °C ou moins et consommez dans les trois à quatre jours. Ce qui limite la durée, c'est la température de votre réfrigérateur, pas l'aspect ni l'odeur de l'aliment, puisque ni les spores ni les toxines que certaines produisent ne se voient ni ne se sentent.

En cas de doute

Restez à 54 °C ou plus pour la viande rouge et 60 °C ou plus pour la volaille tant que les chiffres ne vous sont pas familiers, et respectez les durées associées. Le guide de Baldwin, en anglais, contient les tables complètes de pasteurisation et de refroidissement si vous voulez aller plus loin que ne le permet un article.

Sources

  1. La cuisson basse température : méthodologie de validation du procédé - Anses
  2. Sécurité sanitaire des aliments : tout sur la chaîne du froid - Ministère de l'Agriculture
  3. Le guide ultime du steak sous vide - Anova Culinary

Fini la ressaisie des recettes

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Questions fréquentes

Pas au sens de brûler ou de dessécher, mais la texture se dégrade. Les protéines continuent de se décomposer tant qu'on les maintient à température, surtout au-delà de 60 °C. Le steak devient pâteux après quatre heures environ, le poulet farineux, le poisson se défait. Respectez les plages de temps et le problème disparaît.

Oui, pour la plupart des cuissons. Prenez des sacs congélation épais plutôt que des sacs sandwich, et chassez l'air par la méthode du déplacement d'eau. Ils tiennent moins bien au-delà de 4 à 6 heures et flottent plus facilement que les sacs sous vide, alors clipsez-les au bord du récipient.

Les sacs réutilisables en silicone, principalement. Ils se clipsent au lieu de se sceller, donc il faut toujours la méthode du déplacement d'eau et souvent une pince, mais ils durent des centaines de cuissons. Les bocaux en verre conviennent aux crèmes, aux porridges et aux infusions. Vissez les couvercles du bout des doigts, pas à fond, pour laisser l'air en expansion s'échapper.

Oui, et ça marche bien. Ajoutez 30 à 60 minutes pour les steaks et les côtelettes, jusqu'à 90 minutes pour les morceaux épais. Assaisonnez et scellez avant de congeler et vous obtenez un fonctionnement prêt à cuire.

Pas tant que ça. Un thermoplongeur domestique est en général donné pour 800 à 1 100 watts, et c'est ce qu'il tire pendant la montée en température. Une fois le bain à la consigne, la résistance s'allume et s'éteint par cycles au lieu de tourner en continu, donc la consommation moyenne sur une longue cuisson reste bien en dessous de la puissance annoncée. Un couvercle sur le récipient la réduit encore.

Parce qu'il n'a pas encore été saisi. Les températures du sous vide sont bien trop basses pour déclencher la réaction de Maillard, donc la surface sort pâle. Une saisie rapide à haute température corrige cela complètement. C'est normal, et c'est pour cette raison que l'étape de finition n'est pas optionnelle.

Un steak épais, entrecôte ou faux-filet, d'au moins 2,5 cm. Il est tolérant, il impressionne, et l'écart avec une version à la poêle seule est le plus large de tout ce qu'on peut essayer en premier. Le blanc de poulet arrive juste derrière, parce que le gain de texture est difficile à croire tant qu'on n'en a pas mangé un.

Elle l'est aux mêmes conditions que n'importe quelle autre cuisson : l'aliment doit atteindre une température et y rester assez longtemps. Ce qui change ici, c'est que la moitié « temps » du couple fait un vrai travail, donc les chiffres n'ont de sens qu'associés à une épaisseur. Suivez une table de pasteurisation ou cuisez la volaille à 74 °C, refroidissez au bain de glace si vous conservez, et gardez tout ce qui descend sous 52 °C en cuisson courte avec du poisson que vous mangeriez cru.

Avant. Le sel, le poivre et les herbes résistantes vont dans le sac, et l'environnement scellé les maintient contre la surface pendant toute la cuisson. L'exception reste l'ail cru, qui tourne âcre sur une cuisson longue : préférez la poudre ou l'ail confit.

Le temps, principalement. C'est plus lent qu'un gril ou une poêle, il faut une saisie séparée pour obtenir la moindre croûte, et on ne peut pas accélérer quand le dîner a du retard. Pour tout ce dont la chaleur directe fait l'intérêt, un burger bien grillé ou un poulet à la peau croustillante, les méthodes traditionnelles donnent de meilleurs résultats.

Non. Les légumes, les œufs, les crèmes et les infusions fonctionnent tous. Des carottes à 85 °C pendant une heure ressortent tendres avec une saveur concentrée, et la crème brûlée en bocaux est une application dessert courante. Les protéines restent le meilleur point de départ, parce que c'est là que la différence est la plus frappante.